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J'ignorais sur quel pied danser en apprenant la possible disparition de l’émission « Là-bas si j’y suis » sur France Inter. D’un côté, ça me faisait chier parce que j’ai découvert cette émission sur le tard et que je l’écoute quasi quotidiennement depuis deux ans ; d’un autre, je ne me sentais pas assez fan pour mobiliser mes quelques neurones disponibles en ce début de week-end.

Il faut dire que la question est tout de même compliquée. Il y a des polémiques sur les conditions de travail chez Daniel Mermet. Je ne sais pas quelles sont les conditions de travail chez Arthur ou chez Poujadas (jeu de mots !), mais il semble exister un « système Mermet » que je ne nierai pas, puisque je ne sais justement pas.

Pas touche à "Là-bas".

Mermet, c’est le mec qui prend l’antenne tout essoufflé, on l’imagine débarquant en retard et en sueur au bureau. Des fois, il se marre grassement tout seul, on dirait qu’il a un coup dans le nez. Ou alors il répète trois fois la même phrase, on dirait aussi qu’il a un coup dans le nez. Bref, allez l'appréhender. N’empêche qu’il y a cette émission, « Là-bas si j’y suis », qui est l’une des seules, sinon LA seule – je n’en connais pas d’autres, car j’écoute peu la radio et ne regarde jamais la télé – à donner la parole à ceux qu’on n’entend nulle part. Il y a ces gens qui percent le mur du silence. Cette équipe. Pendant des heures j’ai écouté « Là-bas » mettre les pieds dans le plat. Interviewer. Dénoncer. Revendiquer. Partager. Le répondeur. La moto. Le phrasé.

Les radios acceptent et subventionnent volontiers les « dérapages » fascisants de Zemmour. Partout dans les médias s’étale la pensée réactionnaire : le Monde, par exemple, ouvre ses pages aux tracts de manifestants homophobes et diffuse des dessins anti-syndicalistes et anti-gauche. Pendant ce temps, BFM TV propose de larges tribunes à un parti d’extrême-droite, lésant les partis progressistes, et tous les éditorialistes en vogue chantent la même propagande contre Mélenchon, Besancenot, les intermittents, les cheminots, les précaires, les « assistés »… Ces mêmes journaleux droitiers qui voient leurs torchons made in Pensée Unique percevoir des sommes exorbitantes de la part de l’Etat, donc de nous…

« Là-bas si j’y suis », c’était une sorte de trou d’air. La gouaille de « Là-bas » représentait une ouverture, même redondante. L’autre semaine, je me suis coltiné le journal de 13h tous les jours sur Inter : je n’ai pas osé calculer combien de minutes offrait l'antenne au Front National… Dans ce paysage admettons-le assez consternant, la petite musique de « Là-bas », bien qu’agaçante peut-être, détonnait profondément.

J’ai pleuré en écoutant « 107 milliards plus Pablo ». J’ai eu la gerbe pendant les reportages sur les ouvrières du textile au Bangladesh. J’ai frissonné lors de l’émission-débat sur le thème « Pour qui ou pour quoi seriez-vous prêts à donner votre vie ? ». Et, j'avoue, une rediff’ de « La coulée douce » n’a pas laissé ma virilité indifférente… Au moins c’est dit.

http://www.jean-luc-melenchon.fr/2014/06/27/arret-de-la-bas-si-jy-suis-la-mise-au-pas-de-la-pensee-se-poursuit-sur-france-inter/

http://www.jean-luc-melenchon.fr/2014/06/27/arret-de-la-bas-si-jy-suis-la-mise-au-pas-de-la-pensee-se-poursuit-sur-france-inter/

- Pour que l'émission "Là-bas si j'y suis" reste là où elle est, signez la pétition : Sauvons Là-Bas.

Tag(s) : #médias, #France Inter, #LàBasSiJYSuis